mardi 22 octobre 2013

Réunion du Comité Central de SYRIZA : face à des défis importants



Cet article émane du Réseau Rouge de Syriza, coanimateur de la plateforme de gauche de cette dernière avec le Courant de Gauche de Panagiotis Lafazanis. Il résume la position de ses composantes DEA, Kokkino et APO lors du dernier Comité Central de Syriza.
La question de la candidature d'Alexis Tsipras pour la direction de la commission européenne qui est évoquée plus bas a été âprement débattue lors de la réunion du CC. Elle révèle des désaccords importants au sein de Syriza quant à ses rapports aux institutions européennes, certains s'opposant à l'"euroscepticisme" qu'ils dénoncent comme une orientation de droite. L'article ci-dessous n'aborde pas le problème dans le détail. Le Monde avait en revanche consacré un article à ce sujet au début du mois.



La séance du Comité Central de SYRIZA (dimanche 20 octobre) s’est achevée par le vote à la majorité de la résolution politique et de la proposition émanant du Parti de la Gauche Européenne pour la candidature du camarade A. Tsipras à la direction de la Commission. La plateforme de gauche a voté blanc.

Le rapport d’A. Tsipras, mais aussi celui du secrétaire D. Vitsas, ont mis l’accent sur la confrontation avec la ND, déclarant que les impasses de Samaras sont insurmontables et se focalisant sur la perspective gouvernementale de SYRIZA. Tout en évitant de traiter sur le fond les points difficiles que la conjoncture a révélé, comme la confrontation non seulement avec la théorie des deux extrêmes, mais aussi avec la logique de l’ « arc constitutionnel », la nécessité de clarifier l’alternative politique dans les conditions actuelles, le lien entre la lutte antifasciste et la lutte contre les mémorandums, les conditions de régénération des résistances ouvrières et sociales ect.

Cependant le contenu de la discussion a été déterminé par le choix de la majorité de faire voter par le groupe parlementaire de SYRIZA avec la ND, le PASOK et DIMAR, l’amendement pour l’arrêt du financement de l’Aube Dorée par l’Etat, mardi prochain.

Autour de cette question ont émergé l’ensemble des problèmes de la période et se sont exprimées les différentes opinions et évaluations concernant le mouvement, les impasses mais aussi les initiatives du bloc gouvernemental mémorandaire, les choix de SYRIZA.

Les dirigeants de la plateforme de gauche ont depuis longtemps souligné le problème que pose ce choix qui a pour enjeu central l’acceptation que soit intégré à cet amendement contesté la loi 187A - aussi connue sous le nom de « loi de terreur » - qui est sans rapport avec les poursuites contre l’Aube Dorée et constitue par ailleurs un véritable monument antidémocratique, car elle induit des poursuites envers les idées et les objectifs du mouvement de masse et vise ses actions et ses pratiques. Ce que la gauche avait condamné à l’unanimité au moment de son adoption.

Autour de cette question ont été posés les problèmes afférant à la tactique de SYRIZA face aux choix du camp bourgeois, en mettant l’accent sur les voix et les manœuvres qu’il compte mettre en œuvre pour pousser SYRIZA à l’intérieur du cadre systémique de l’ « arc constitutionnel ». Mais aussi le fonctionnement du parti lui-même, du fait que cette très importante décision ait été prise hors du Comité Central ou du Secrétariat Politique, et ait été communiquée publiquement avant la séance du CC, préjugeant des différentes décisions possibles.

Ont fait forte impression, d’une part la décision de nombreux membres de la majorité (de l’ancien Synaspismos) de ne pas prendre la parole, et d’autre part la tentative de dirigeants d’ANASA (1) de défendre le choix de voter l’amendement au nom de la lutte antifasciste.

Les dirigeants du Réseau Rouge, dans le cadre des positions maintenues par la plateforme de gauche et qui ont finalement été consignées dans une déclaration déposée au Bureau par trois signataires (Kantaras, Belantis, Bolari) (2), a souligné que la perspective de SYRIZA comme possible gouvernement de gauche est indissociablement liée d’une part aux résistances ouvrières et sociales et d’autre part au caractère clairement anti systémique de SYRIZA qui a été déterminant dans sa progression foudroyante dans l’opinion et qui l’a placé dans sa position d’opposition officielle.

Ces positions conduisent à la mise en œuvre d’actions de soutien aux luttes ouvrières et à la constitution et consolidation de comités populaires de résistance et de renversement du système. A des actions au service de la lutte antifasciste de la part du mouvement et de la gauche, de façon à ce que la purge des structures étatiques des éléments fascistes et la défaite définitive des organisations et des idées fascistes aillent à leur terme, ainsi que la clarification et la radicalisation de l’alternative proposée par SYRIZA face à toute sorte d’incarnation locale ou européenne du système.

Les choix d’orientation qui brouillent les repères politiques de la part du camp bourgeois et de ses représentants politiques – qu’ils s’expriment dans la perception d’extrême-droite de la « théorie des deux extrêmes », ou en direction de l’ « arc constitutionnel » et d’un éventuel gouvernement d’unité nationale - compromettent la perspective de gouvernement de la gauche et l’espoir populaire.

(1)    ANASA est un réseau qui regroupe les organisations AKOA, ROSA et des membres indépendants de SYRIZA. Il fait partie de la majorité de SYRIZA.
(2)    Tassos Kantaras, Dimitris Belantis et Maria Bolari sont membres du CC de SYRIZA. Maria Bolari est députée et membre de DEA.